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Balade patrimoniale sites  miniers Roc das Quis - Montredon

Balade patrimoniale sites miniers Roc das Quiès - Montredon

Hors des sentiers battus

C'était bien là la thématique de cette journée bien remplie qui a regroupé 47 participants.
Entre l'ENS Saint Rome-Fenouillères et le Géosite répertorié par le PNR Corbières-Fenouillèdes, parcouru par le Sentier Minier de Lacamp, subsistent de nombreuses traces de l'activité minière ancienne ou plus récente. Aujourd'hui, la forêt méditerranéenne a reconquis ces espaces autrefois exploités, voire surexploités, par les activités minières, charbonnières, pastorales et autres. C'est donc en partie a travers bois que s'est déroulée cette balade alliant découverte du milieu naturel et archéologie minière.
L'animateur principal de la journée était Julien Mantenant, auteur de "Les Mines des Corbières", pour l'archéologie et l'histoire, assisté de Clara Gartner, géologue au PNRCF, pour les liens entre la géologie et les gisements miniers.
L'animation découverte des milieux naturels était assurée par Bastien Brunon de l'ADHCO de Mouthoumet.
L'itinéraire de la balade, les sites et les milieux traversés, se prêtaient particulièrement à cet alliage des savoirs, et chacun a pu faire son profit de surprenantes découvertes sur les stratégies de survie du règne animal ou végétal.
La première étape concernant l'archéologie minière s'est déroulée dans le secteur du Roc das Quiès.

Minéralisation de fer dans la dolomie Dévonienne.

C'est au pied de ces reliefs, aussi dénommés Quiès, plus durs que les terrains qui les entouraient que se sont formées des minéralisations en fer. Les anciens qui ne disposaient pas d'un savoir technique comme le nôtre, se servaient de ces reliefs pour repérer les gisements dans le paysage.
A cette étape, seul un vautour fauve profitant des premiers courants ascendants de la journée s'était manifesté, mais un peu plus tard de nombreux milans noirs reconnaissables à la géométrie caractéristique de leur queue ont évolué un long moment dans les parages. Bastien devait nous expliquer qu'ils se rassemblent pour poursuivre leur migration vers le Sud jusqu'au Sénégal. Ce départ si tôt dans la saison, comm celui des hirondelles, est signe d'une perturbation des migrateurs suite aux variations chaotiques de la météo. Pour eux, c'est une question de survie.
La pause-repas a eu lieu à l'ombre des chênes verts, par petits groupes familiaux ou amicaux, dans les clairières débroussaillées par le Département sur le site de Montredon.
Ce site présente de nombreuses excavations dont on a extrait le minerai. Les travaux et les déblais se recoupent en tous sens. Certains déblais plusieurs fois déplacés contiennent des tessons d'amphores et autres mobiliers. Il y a donc eu une exploitation antique et médiévale de ces sites, mais leur aspect actuel est lié à des prospections du 19ème siècle qui n'ont pas été suivies d'exploitation.
De grands fours de calcination y ont été construits, mais ne semblent pas avoir été utilisés.


En contrebas, on peut voir l'entrée d'une galerie réalisée en 1870, destinée à recouper des travaux supérieurs, mais qui déboucha sur des cavités déjà vidées de leur minerai. Des amas de minerai ont stockés un peu partout. Julien Mantenant devait rappeler le caractère aléatoire de ces entreprises minières vu la faible ressource disponible et l'éloignement des moyens de transports, de même que les investisseurs déçus à qui l'on avait fait miroiter des gains substantiels.
Après une dernière traversée en sous bois, retour vers les voitures par les nombreuses pistes du territoire d'Albas et Talairan. Nous remercions les participants à cette balade d'être venus et de leurs bons retours au sujet des animateurs notamment. Nous les convions ç une prochaine sortie le 16 Octobre 2021 à Auriac, "épicentre de l'activité minière des Corbières". Pour vous inscrire, ou pour commander le livre "Mines des Corbières" contact@minesencorbieres.fr